Psychotropes : réévaluer, réduire, accompagner
Les psychotropes font partie des médicaments les plus souvent impliqués dans le risque iatrogène de chute chez la personne âgée. Benzodiazépines, hypnotiques, antidépresseurs, antipsychotiques ou anxiolytiques peuvent favoriser la somnolence, les troubles de l’équilibre, la confusion, l’hypotension orthostatique ou l’altération des réflexes. Leur prescription est parfois justifiée, mais elle doit rester prudente, limitée dans le temps lorsque c’est possible, et régulièrement réévaluée. Cet épisode s’appuie sur une vignette clinique pour illustrer une situation fréquente : un patient âgé qui chute à répétition, avec une ordonnance comportant un traitement pour dormir, un anxiolytique anciennement prescrit, ou un psychotrope ajouté lors d’un épisode aigu et jamais réinterrogé. La chute devient alors un signal d’alerte : le traitement est-il encore indiqué ? La balance bénéfice-risque est-elle favorable ? Existe-t-il une accumulation de molécules sédatives ? Le patient présente-t-il des troubles cognitifs, une hypotension, une dénutrition ou une consommation d’alcool associée ? L’épisode mettra l’accent sur la déprescription raisonnée, qui ne se résume pas à arrêter brutalement un médicament. Elle nécessite une évaluation clinique, une décision partagée, une diminution progressive si nécessaire, et un accompagnement du patient comme de son entourage. Les alternatives non médicamenteuses, l’éducation thérapeutique et la coordination entre médecin, pharmacien, infirmier et équipe médico-sociale seront également abordées. L’objectif est de sensibiliser les prescripteurs à une idée simple : devant toute chute, il faut regarder l’ordonnance. Et devant tout psychotrope, il faut se demander s’il aide encore le patient — ou s’il contribue désormais à le fragiliser.